À l'issue de notre première Conférence internationale sur la parentalité partagée, la professeure Hildegund Sünderhauf (présidente du comité scientifique) et le professeur Edward Kruk (président de l'ICSP) ont élaboré les thèses suivantes, qui seront discutées et adoptées comme déclaration de consensus :
Sachant que l'objectif principal de notre Conseil est d'élaborer des approches fondées sur des données probantes pour répondre aux besoins et aux droits des enfants dont les parents sont séparés, nous avons choisi comme thème de notre première conférence : « Combler le fossé entre les données empiriques et la pratique socio-juridique ». Il s'agissait du premier rassemblement de ce type réunissant des universitaires, des praticiens et des représentants d'ONG intéressés par le nouveau paradigme de la garde partagée dans les familles où les parents sont séparés. Un large éventail de sujets et de perspectives sur la garde partagée a été abordé et débattu. À la fin de la conférence, nous avons été invités à déterminer quel consensus se dégageait sur plusieurs questions importantes que nous avions discutées.

Nous sommes parvenus aux six principaux points de consensus suivants :
1. La garde partagée est une solution viable après un divorce.
Il existe un consensus sur le fait que ni le critère discrétionnaire de l'intérêt supérieur de l'enfant, ni les ordonnances de garde exclusive ou de résidence principale, ne répondent aux besoins des enfants et des familles divorcées. Il existe également un consensus sur le fait que la garde partagée est une solution viable après un divorce, optimale pour le développement et le bien-être de l'enfant, y compris pour les enfants de parents en conflit. Le temps de garde partagé nécessaire au bien-être de l'enfant et à son épanouissement est d'au moins un tiers avec chaque parent, avec des avantages supplémentaires pouvant aller jusqu'à une garde partagée à parts égales (50/50), incluant les jours de semaine (activités quotidiennes) et les week-ends (loisirs).
2. La garde partagée doit être définie comme englobant à la fois : l'autorité parentale partagée et la responsabilité parentale partagée
Il existe un consensus pour définir la « parentalité partagée » comme englobant à la fois l’autorité parentale partagée (prise de décision) et la responsabilité parentale partagée en matière d’éducation et de bien-être quotidiens des enfants, entre les pères et les mères, en fonction de l’âge et du stade de développement de l’enfant. Ainsi, la « parentalité partagée » est définie comme « la prise en charge partagée des responsabilités et la présomption de droits partagés en matière d’éducation des enfants par les pères et les mères, qu’ils vivent ensemble ou séparément »
3. Le droit national de la famille devrait au moins prévoir la possibilité d'émettre des ordonnances de garde partagée
Il existe un consensus sur le fait que le droit familial national devrait au moins prévoir la possibilité d'accorder des ordonnances de garde partagée, même si l'un des parents s'y oppose. Il existe également un consensus sur le fait que la garde partagée est conforme aux droits constitutionnels dans de nombreux pays et aux droits humains internationaux, notamment au droit des enfants d'être élevés par leurs deux parents.
4. Principes régissant la détermination juridique de la garde des enfants après un divorce
Il existe un consensus sur le fait que les principes suivants devraient guider la détermination juridique de la garde des enfants après un divorce :
(1) la garde partagée, considérée comme la solution optimale pour la majorité des enfants issus d’un divorce et conforme à leur intérêt supérieur ;
(2) l’autonomie et l’autodétermination parentales ;
(3) la limitation du pouvoir discrétionnaire du juge en ce qui concerne l’intérêt supérieur de l’enfant.
5. Ce qui précède s'applique à la majorité des enfants et des familles
Il existe un consensus sur le fait que les points précédents s'appliquent à la majorité des enfants et des familles, y compris les familles en conflit, mais pas aux situations de violence familiale et de maltraitance infantile avérées. Il existe également un consensus sur le fait que les recherches futures sur la garde partagée devraient se concentrer en priorité sur l'intersection entre la garde d'enfants et la violence familiale, y compris la maltraitance infantile sous toutes ses formes, notamment l'aliénation parentale.
6. Réseau accessible de centres de relations familiales
Il existe un consensus sur le fait qu'un réseau accessible de centres de relations familiales offrant une médiation familiale et d'autres services de soutien pertinents est essentiel à l'établissement d'une présomption légale de garde partagée et vital au succès des accords de garde partagée.
